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Les mines de l'Ardèche

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On trouve dans le département de l'Ardèche des gisements de houille, lignite, schistes bitumineux, fer, plomb, zinc, antimoine, pyrite... De nombreuses concessions ont été attribuées et ont fait l'objet d'une exploitation. Ci-dessous des images des mines de plomb-argentifère de Largentière, des mines de charbon de Prades et des mines de fer de Privas.

Mines de plomb-argentifère de Largentière

Le gisement de Largentière était déjà connu au XIIe siècle et l'argent extrait servait à la fabrication de monnaies. Le gisement ne fut redécouvert qu'au XIXe siècle où une première concession fut octroyée le 8 janvier 1876 sur 753 ha. Il faut attendre les années 50 pour que de nouvelles sociétés s'intéressent à ce gisement. En 1951, la Société Minière et Métallurgique de Penarroya entreprend une étude systématique du district et, en 1958, une belle découverte est réalisée par les géologues. Une concession est obtenue sur 1 300 ha le 30 juillet 1964 et la nouvelle mine est inaugurée le 22 octobre 1964. Le puits d'extraction est surmonté d'une tour en béton équipée de skips de 10 tonnes.
Le gisement consiste en deux couches métallifères de grès blanchâtres et bleuâtres dans lesquelles est disséminé le minerai de plomb argentifère (galène). Ces couches ont une grande puissance (2 mètres). Dans la première concession on exploita par puits et galeries aux affleurements dans le village de Largentière. Les travaux sont abandonnés en 1885. Dans la nouvelle concession, dont l'exploitation commença en 1964, deux méthodes sont utilisées : d'abord la méthode par chambre et piliers abandonnés puis, à partir de 1973, la méthode sélective avec remblais et boisage dans les cassures et failles à forte concentration et galeries débouchant au jour. Les réserves économiquement exploitables étant considérées par la Compagnie comme épuisées, l'exploitation est arrêtée en 1982. Les effectifs au moment de la fermeture étaient de 153 personnes. De 1964 à 1982 on a extrait 9,6 millions de tonnes de minerai donnant 356 203 tonnes de plomb, 68 569 tonnes de zinc et 750 tonnes d'argent.
Source :Les mines de l'Ardèche


Les mines de charbon de Prades - Mine de Champgontier

Le bassin houiller dit de Prades forme une sorte de parallélogramme, large de deux kilomètres, allongé sur une dizaine de kilomètres du nord-est au sud-ouest, autour des communes de Lalevade d'Ardèche et de Prades. Il semble qu'il faille remonter au XIVe siècle pour retrouver mention de 'charbon de terre' par opposition au charbon de bois ; mais c'est à partir de la fin du XVIIIe siècle seulement que le charbon commencera réellement à être exploité et utilisé. Ce bassin a donné lieu à deux concessions concurrentes : à l'est celle de Prades et Nieigles (dite aussi mines de Champgontier), remontant à 1774 et à l'ouest, celle de Jaujac, attribuée en 1865. Après diverses périodes d'exploitation, la mine fut noyée lors d'une crue du Salyndre le 6 août 1963. Cette inondation mis définitivement fin à l'extraction du charbon, et la concession fut classée inactive en 1965.
Le vestige le plus important de cette histoire est le carreau de Champgontier, typique du XIXe siècle et dont la physionomie n'a pas vraiment changé depuis 1900. Le carreau est dominé par le superbe chevalement en maçonnerie du puits Armand, datant de 1900 et utilisé jusqu'en 1920. Autour, la plupart des bâtiments de la mine sont encore visibles (bâtiment de la machine d'extraction, forge, menuiserie, bureaux...).
Je remercie M. Jean-Pierre Joffre pour l'autorisation de faire des photos du carreau et ses passionnantes explications.


Les mines de fer de Privas

C'est en 1843 que la première concession du bassin de Privas fut exploitée sur un gisement de minerai de fer de grande qualité qui permit à l'industrie locale et régionale de se développer à travers la transformation de cette matière première. A cette époque, on se bat pour obtenir les meilleures concessions, dont celle de Saint-Priest très convoitée qui entra en activité en 1849. Une concession particulièrement étendue où l'on employa près de 500 mineurs et ouvriers pour extraire environ 4 millions de tonnes de minerai de fer à travers un siècle d'exploitation. Le minerai de fer, acheminé vers les hauts-fourneaux du Pouzin, traversait alors Privas en tombereaux défonçant la route. C'est pour cette raison que la société Paris-Lyon-Marseille obtint une concession pour construire le premier chemin de fer de l'Ardèche reliant la vallée du Rhône à Saint-Priest. Mais l'épuisement du gisement et la concurrence des mines à ciel ouvert à l'étranger conduit inévitablement à la fermeture définitive des mines du bassin de Privas en 1950.
Source :Société Géologique de l'Ardèche
Aujourd'hui le bâtiment de la machine d'extraction du puits n2 est toujours visible, ainsi que le chevalement en maçonnerie du puits n9 entièrement envahi par la végétation, malgré son classement aux Monuments Historiques.


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