24/09/2026
Reportage réalisé en mars 2022
Créée en 1963, la société
SAMIN (filiale du groupe Saint-Gobain) exploite sur le site de Tacon un gisement de carbonate de calcium d'une pureté exceptionnelle, niché entre les communes de Saint-Germain-de-Joux et de Plagne dans l'Ain.
Ce gisement de carbonate de calcium est issu de calcaire récifal à polypiers datant du Kimméridgien (Jurassique supérieur) et forme une couche d'environ 20 mètres d'épaisseur. Sa particularité réside dans sa teneur exceptionnellement basse en oxydes de fer (inférieure à 90 ppm), ce qui justifie une exploitation souterraine. Cette basse teneur en oxydes de fer permet de produire du verre blanc et extra blanc, utilisé dans la verrerie haut de gamme.
Pour préserver la ressource et garantir la sécurité des opérations, la carrière est exploitée par la méthode des chambres et piliers abandonnés, sur un périmètre de 67 hectares. S'enfonçant à flanc de colline sous un recouvrement atteignant 170 mètres, l'extraction s'opère horizontalement sur un niveau de 10 mètres de hauteur, soit la moitié supérieure du gisement. La stabilité du massif est assurée par un maillage de piliers de 15 x 40 mètres, appuyés tous les 250 mètres par des surpiliers de 40 x 40 mètres. La tenue du toit est renforcée par la présence naturelle d'un calcaire noduleux à haute résistance mécanique.
Au front de taille, l'abattage s'effectue en deux temps :
• le traçage : une foration horizontale ouvre la galerie sur 6 à 7 mètres de hauteur,
• le défonçage : une reprise par foration verticale abat les 3 à 4 mètres restants.
Chaque tir au nitrate fuel produit entre 750 et 800 tonnes de matériau. Après une étape rigoureuse de purge mécanique pour sécuriser les parois, le tout-venant (0/800) est directement chargé sur camion, pour être acheminé 4 kilomètres plus loin vers l'usine de traitement de Châtillon-en-Michaille. Là, le calcaire est concassé, criblé et séché pour ramener son taux d'humidité à un niveau stable de 3 %, garantissant la qualité de l'incorporation directe dans les fours des verriers.
Source : Revue Mines & Carrières, n°160, juin 2099
La carrière souterraine