Espagne: Bassin houiller des Asturies
20/09/2026
Les photos présentées ici ont été prises entre 2016 et 2017.
Le bassin houiller des Asturies est l'un des principaux bassins miniers d'Espagne, situé dans le nord du pays. Il s'étend principalement autour des vallées du Nalón et du Caudal, près des villes comme Mieres et Langreo.
Son exploitation a débuté dès le 18e siècle, mais elle s'est surtout développée au 19e siècle. Le charbon extrait dans cette région a joué un rôle essentiel dans le développement industriel espagnol, notamment pour la sidérurgie. Le bassin a également contribué à la croissance des infrastructures ferroviaires et énergétiques.
Au 20e siècle, les Asturies sont devenues un haut lieu du mouvement ouvrier, marqué par des grèves importantes. En 1957, l'Espagne produit environ 16,4 millions de tonnes de charbon, dont près de 60 % provenaient des Asturies.
Après les années 1980, la production des Asturies décline fortement à cause de la concurrence du charbon importé et des coûts d'exploitation élevés. De nombreuses mines sont alors fermées à partir des années 1990 et surtout au début du 21e siècle.
L'entreprise publique Hulleras del Norte S.A. (HUNOSA), créée en 1967, produisait encore environ 1,7 million de tonnes de charbon en 2004. Avec l'arrêt des subventions au charbon décidé par l'Europe à fin 2018, l'extraction tombe à un niveau proche de 0. Seul le puits Nicolasa est encore exploité, ainsi qu'une mine privée (Pilotuerto à Tineo), dernière mine de charbon encore en activité en 2026, le puits Nicolasa ayant fermé fin 2024.
La région se reconvertit aujourd'hui vers le tourisme industriel et la valorisation du patrimoine minier.
Bassin du Nalón
Pozo Carrio - Laviana
Société d'origine : Unión Hullera de Santa Ana
Début d'exploitation: 1946
Fin d'exploitation: 31 décembre 2018
Profondeur finale: 628 mètres / 9 étages
L'exploitation du charbon dans le secteur débute dans les années 1890. En 1920, la société Duro Felguera crée le groupe Laviana suite à l'acquisition de certaines mines dans cette région. Ce groupe était composé des puits Barredos et des mines Rimoria et Carrio, reliés par un pont suspendu métallique à la typologie unique dans les Asturies. Sur ce pont a circulé un chemin de fer minier à voie étroite jusqu'à la fermeture de la mine.
Le fonçage du puits Carrio est planifié en 1941. Il sera mis en service en 1946. Le puits, profond de 628 mètres, est équipé en 1991 d'un nouveau chevalement (le 3ème de son histoire) et d'une machine d'extraction à poulie Koepe bicâble. La capacité d'extraction est alors de 120 tonnes par jour. A noter que ce chevalement est identique à ceux du puits n°2 de la mine de La Camocha à Gijón et du puits María à Peñarroya-Pueblonuevo.
En 1967, l'exploitation est reprise par la société Hunosa qui arrête le puits Barredos. Son chevalement est démantelé et remplacé par des ventilateurs pour assurer l'aérage du puits Carrio, auquel il est relié par le 4ème étage. La fermeture définitive du puits Carrio intervient en décembre 2018, avec l'interdiction des subventions au charbon décidée par l'Union Européenne.
 Pozo Barredos (puits d'aérage - retour d'air)
Pozo Cerezal (ou Pozo Santa Bárbara) - Santa Bárbara, San Martín del Rey Aurelio
Société d'origine: Sociedad Duro-Felguera
Début d'exploitation: 1944
Fin d'exploitation: 1er août 1988
Profondeur finale: 366 mètres / 9 étages
Le puits Santa Bárbara est foncé à partir de 1942 pour une ouverture officielle le 7 mai 1944, bien que la production ne débuta réellement qu'en 1947. Le puits est ravalé entre 1961 et 1964 jusqu'à une profondeur de 366 mètres. Il est équipé en 1962 d'un nouveau chevalement métallique de type Duro Felguera et d'une machine d'extraction (tambours débrayables) à courant continu Siemens.
Le puits est repris en 1967 par la société Hunosa qui le renomme Cerezal pour le distinguer des puits qui existaient sous le même nom à Turón et Moreda.
Le puits Cerezal sera le premier fermé par Hunosa, le 1er août 1988. Il sera maintenu pour l'exhaure du puits Carrio (le 8ème étage de ce puits est relié au 4ème étage du puits Carrio).
Pozo San Mamés (ou Pozo Villar) - Sotrondio, San Martín del Rey Aurelio
Société d'origine: Sociedad Duro-Felguera
Début d'exploitation: 1940
Fin d'exploitation: 1er avril 1992
Profondeur finale: 435 mètres / 6 étages
Le charbon est exploité dans ce secteur depuis 1910 par la mine Rimadero, propriété du basque Francisco Elorduy, jusqu'à son acquisition en 1919 par la société Duro-Felguera. L'entreprise avait depuis longtemps en tête d'atteindre le gisement de San Mamés en le connectant sous terre à la mine Rimadero. Cette mine était en effet la plus adaptée pour extraire tout le charbon produit, grâce à son plan incliné et sa situation sur à cóté du chemin de fer langreo-Gijón.
Le fonçage du puits San Mamès débute le 17 septembre 1938 ; il sera inauguré en 1940 après avoir atteint la profondeur de 232 mètres. Il dessert 4 étages dont le troisième est relié au 4ème du plan incliné de la mine Rimadero par une galerie de 500 mètres. Après son abandon, cette mine servira de puits auxiliaire au puits San Mamès. Plus tard, il sera également relié aux puits Sotón et Carrio. Curieusement, le puits San Mamés n'a jamais été connecté sous terre avec son voisin Santa Bárbara (ou Cerezal) qui exploitait le même synclinal appelé 'Cubeta de San Mamés'. Toutefois, une liaison existait en surface à travers la galerie à flanc de coteau de Prau Molín.
Le puits est repris par la société Hunosa en 1967. Il sera fermé le 1er avril 1992 ; il était alors profond de 435 mètres et produisait en moyenne 250 000 tonnes brutes par an avec 700 employés.
Pozo Sotón - El Entrego, San Martín del Rey Aurelio
Société d'origine: Sociedad Duro-Felguera
Début d'exploitation: 1922
Fin d'exploitation: décembre 2014
Profondeur finale: 466 mètres / 9 étages (Soton n°1) - 556 mètres / 10 étages (Soton n°2)
Les veines de charbon de Sotón ont été découvertes en 1792. Elles ont été exploitées en mines à flanc de coteau, sous le nom de mines de Santa Ana, notamment par la 'Sociedad Hullera de Santa Ana'. Au début du XIXè siècle, la société Duro-Felguera (Sociedad Metalúrgica Duro Felguera, SMDF) acquiert les mines de Santa Ana afin d'être autonome en charbon pour ses hauts-fourneaux.
Les besoins croissants en charbon dans les années 1920 ont eu pour conséquence l'abandon progressif des mines à flanc de coteau et le fonçage de puits verticaux. C'est ainsi que la mine Sotón est construite entre 1917 et 1922. Pour cela la rivière Nalón a dû être détournée de quelques mètres. Deux puits indépendants sont foncés à une profondeur de 556 et 466 mètres. Ils sont surmontés de 2 chevalements métalliques. Le groupe Sotón était alors composé des puits Sotón et Venturo, et des mines à flanc de coteau Sotón, Sallosas, Etelvinas, Venturo et plus tard, La Piquera.
Cette mine est un des rares exemples à double chevalements, depuis la disparition du second chevalement du puits Fondón. Les deux chevalements sont entourés d'une recette à mi-hauteur, les wagonnets étant vidés au premier étage pour que le charbon rejoigne les trémies de chargement par gravité.
Au cours du XXème siècle, le puits Sotón fait l'objet de plusieurs projets d'extension et de modernisation pour accroitre sa capacité de production et son efficacité, notamment dans les années 50. En 1967, le puits Sotón est repris par la société d'Etat Hunosa. Il est définitivement fermé en décembre 2014. De nos jours, il est possible de visiter les installations minières, à l'extérieur comme à l'intérieur des galeries :
www.pozosoton.es
Pozo Venturo - La Rotella, San Martín del Rey Aurelio
Société d'origine: Sociedad Duro-Felguera
Début d'exploitation: 1958
Fin d'exploitation: 15 juillet 1990
Profondeur finale: 232 mètres / 4 étages
Le fonçage du puits Venturo par la Sociedad Metalúrgica Duro Felguera (SMDF) débute en janvier 1954. Il est le dernier puits de mine foncé dans la vallée de Nalón. Mis en service en 1958, il permet d'exploiter des zones de la concession non accessibles depuis le puits voisin Sotón.
La SMDF a mis dans ce puits toute l'expérience accumulée au cours des décennies d'exploitation du charbon. Le puits était à l'époque l'un des plus modernes des Asturies, conçu par l'architecte Fernández Castañón pour rationaliser au maximum l'espace et les déplacements des mineurs.
Le bâtiment principal regroupe les vestiaires-douches, les bureaux et la salle des machines. Le chevalement, haut de 25 m par rapport à l'axe de ses poulies, surplombe un puits de 232 m de profondeur, 5 m de diamètre et desservant quatre étages. En 1967, le puits Venturo est intégré, comme le reste de la section minière de Duro, à la société charbonnière nationale Hunosa. La fermeture du puits intervient le 15 juillet 1990, un an après avoir subi un gros incendie au fond.
Pozo Entrego - El Entrego, San Martín del Rey Aurelio
Société d'origine: Sociedad Nespral y Cía.
Début d'exploitation: 1909
Fin d'exploitation: 1993
Profondeur finale: 573 mètres / 9 étages
Ce puits est situé au centre de la ville du même nom. La concession El Entrego a été enregistrée en 1845 par Francisco Torre. En 1870, elle devient la propriété de Vicente Fernández Nespral, qui fonde en 1897 la société familiale Nespral y Cía. Elle appartiendra à cette société jusqu'à son intégration dans Hunosa en 1969.
Mis en service en 1909, le puits Entrego était alors la première exploitation minière à puits vertical dans ce secteur des Asturies. Après sa fermeture en 1993, toutes les installations ont été détruites, à l'exception du chevalement de 26 mètres de haut et de l'ancien ventilateur pour l'aérage du fond.
Pozo Sorriego - El Entrego, San Martín del Rey Aurelio
Société d'origine: Sociedad Nespral y Cía.
Début d'exploitation: 1917
Fin d'exploitation: 1978
Profondeur finale: 243 mètres / 5 étages
En 1890, la société Nespral y Compañía acquiert la concession de Sorriego. Le puits est foncé à partir de 1911 et l'extraction commence en 1917. Le chevalement d'origine est remplacé en 1952 par l'actuel, à l'occasion de l'approfondissement du puits.
En 1969, Nespral y Compañía est intégrée dans la société d'état Hunosa. Le puits Sorriego, qui servait d'auxiliaire au puits Entrego (relié à ce puits par le 5ème étage), est l'un des premiers puits verticaux fermés par Hunosa, en 1978.
Pozo San Vincente - El Entrego, San Martín del Rey Aurelio
Société d'origine: Sociedad Carboness de San Vicente
Début d'exploitation: 1917
Fin d'exploitation: 1970
Profondeur finale: 200 mètres / 4 étages
Les origines de la mine remontent à 1883, avec la création du groupe Coto San Vicente, constitué de huit concessions exploitées par des particuliers. En 1916, la société Carbones de San Vicente, présidée par Víctor Felgueroso Figar, reprend l'exploitation. Entre 1918 et 1919, elle fonce le puits San Vicente et installe le chevalement encore visible aujourd'hui.
En 1926, la gestion de la mine passe au Syndicat des travailleurs des mines des Asturies (SOMA — Sindicato de los Obreros Mineros de Asturias), qui en devient officiellement propriétaire en 1927. En 1938, sous le régime franquiste, la mine est saisie par l'Etat. Elle est d'abord intégrée à la Délégation Nationale des Syndicats, puis transférée en 1957 à une nouvelle entreprise : Hulleras del Rey Aurelio S.A. (REYASA), qui maintient l'exploitation jusqu'en 1967.
En 1970, la mine est intégrée à Hunosa pour un montant légèrement inférieur à un million de pesetas. Elle devient alors un puits auxiliaire du puits María Luisa, jusqu'à sa fermeture et son démantèlement complet en 1998, incluant la mise au rebut de la machine d'extraction.
Pozo María Luisa - Ciaño, Langreo
Société d'origine: Unión Hullera de Santa Ana
Début d'exploitation: 1858
Fin d'exploitation: 31 décembre 2016
Profondeur finale: 520 mètres / 10 étages
L'exploitation du gisement débute en 1858 avec une mine à flanc de coteau, appelée socavón María Luisa, exploitée par l'Union Hullera de Santa Ana. En 1869, le site est intégré à la société Carbones de María Luisa.
En 1886, il est repris par l'Unión Hullera y Metalúrgica de Asturias, société qui sera intégrée au début du XXeme siècle au groupe Duro Felguera.
En 1920, le nouveau propriétaire entreprend le creusement du puits ainsi que la construction de bâtiments (bureaux, vestiaires et douches). Toutefois, l'exploitation n'atteint sa pleine capacité qu'en 1942, après la guerre civile.
En 2008, une seconde modification du chevalement est réalisée, lui donnant son aspect actuel de type portique. Une deuxième machine d'extraction à poulie Koepe, provenant du puits Siero 2, est également installée dans une nouvelle salle des machines. Cette modernisation est inaugurée le 24 septembre 2009 pour un coût de 6,5 millions d'euros.
A cette date, le puits atteint une profondeur de 505 mètres et dessert 10 niveaux. Initialement prévue pour 2015, la fermeture du site intervient finalement le 31 décembre 2016.
Pozo Samuño - La Nueva, Langreo
Société d'origine: Carbones Asturianos, S.A.
Début d'exploitation: 1940
Fin d'exploitation: 31 décembre 2001
Profondeur finale: 583 mètres / 10 étages
Le puits Samuño est situé dans la vallée du même nom. Il a été foncé à la fin des années 1930 par la société Carbones Asturianos. Lors de sa mise en service, les exploitations à flanc de coteau sont progressivement abandonnées.
En 1967, les actifs de Carbones Asturianos sont repris par la société d'état Hunosa. A partir des années 1970, l'ensemble de la production de la vallée est concentré sur le puits Samuño, tandis que le puits voisin, San Luis, est utilisé comme installation auxiliaire.
Le chevalement d'origine, datant de 1943, est remplacé en 1985 par une structure moderne en acier d'environ 20 mètres de hauteur. Il se distingue par une configuration rare dans les Asturies, avec des molettes superposées dans un même plan. Le bâtiment circulaire des vestiaires et des douches est construit en 1970.
L'exploitation du charbon cesse le 31 décembre 2001, mais le puits reste en activité pour assurer le service du puits María Luisa.
En contrebas, on peut également observer la galerie Emilia, creusée en 1904 par la société Carbones La Nueva afin d'évacuer le charbon extrait des mines à flanc de coteau. Cette galerie est abandonnée après la mise en service du puits San Luis.
Pozo San Luis - La Nueva, Langreo
Société d'origine: Carbones de La Nueva
Début d'exploitation: 1930
Fin d'exploitation: 2002
Profondeur finale: 422 mètres / 6 étages
Les exploitations charbonnières de la vallée de Samuño, alors réparties entre plusieurs propriétaires, sont acquises en 1900 par les frères Felgueroso. Quelques jours plus tard, ils revendent l'ensemble à un groupe d'hommes d'affaires français en fondant la société Charbonnages de La Nueva, qui prend en 1914 le nom de Carbones de La Nueva.
A partir de 1925, l'exploitation évolue : il devient nécessaire de creuser un puits vertical, entraînant l'abandon progressif des mines à flanc de coteau. Le puits San Luis est ainsi foncé entre 1928 et 1930 par Carbones de La Nueva. Dans les années suivantes, plusieurs bâtiments sont construits, notamment la lampisterie (1934), les bains-douches (1935) et les bureaux (1955).
En 1968, le site est transféré à la société d'état Hunosa, qui met fin à l'extraction du charbon dès l'année suivante. Le puits est alors utilisé comme puits de service pour le puits Samuño, jusqu'à la fermeture définitive de ce dernier le 31 décembre 2001.
Le chevalement, haut de 28 mètres, est construit en 1930 par la société métallurgique Duro-Felguera. Il fait partie des rares structures de ce type encore conservées dans les Asturies dans leur état d'origine. Le puits, profond de 422 mètres, dessert six niveaux ; toutefois, le sixième étage n'a jamais été exploité en raison d'inondations permanentes.
L'absence d'exploitation après son intégration dans Hunosa a permis de préserver le site dans son état d'origine, ce qui en fait aujourd'hui l'un des ensembles les plus remarquables du patrimoine industriel des Asturies. Transféré à la municipalité de Langreo le 31 décembre 2008, il est désormais ouvert au public. On peut notamment y observer une machine d'extraction Siemens datant de 1929, ainsi que des compresseurs Worthington et Atlas Copco, remarquablement bien conservés.
Pozo Modesta - Sama, Langreo
Société d'origine: Sociedad Duro-Felguera
Début d'exploitation: 1961
Fin d'exploitation: avril 2007
Profondeur finale: 590 mètres
La mine Modesta appartient depuis le début du XXeme siècle à la société Duro-Felguera, qui commence son exploitation par une mine à flanc de coteau. Celle-ci est abandonnée en 1961, après le creusement d'un puits vertical atteignant une profondeur de 590 mètres.
A proximité de l'entrée de la mine, un important lavoir est installé. Déjà en service en 1955, il fait l'objet de nombreuses transformations au fil des années, jusqu'à son achèvement au milieu des années 1980. L'ensemble des charbons de la zone de Nalón y est alors traité.
A partir de 1967, le puits Modesta et le lavoir sont transférés à la société d'état Hunosa. Leur exploitation prend fin en avril 2007, à la suite d'un violent incendie survenu dans une galerie reliant le site au puits María Luisa.
Après cet événement, Hunosa renonce à la réouverture du plan incliné, long de 2,6 kilomètres, qui descendait jusqu'à -500 mètres. Celui-ci était connecté à une galerie transversale reliant les puits San Luis, Samuño, María Luisa et Sotón.
Le lavoir est également fermé, et le traitement du charbon est transféré au lavoir de Batán, à Mieres. La plupart des installations sont ensuite démantelées, à l'exception du chevalement métallique de type Duro-Felguera. Aujourd'hui, il ne subsiste plus aucune trace du lavoir.
Pozo Fondón - Sama, Langreo
Société d'origine: Sociedad Duro-Felguera
Début d'exploitation: 1905
Fin d'exploitation: 1995
Profondeur finale: 583 mètres / 10 étages (Fondon I) - 378 mètres / 7 étages (Fondon II)
L'exploitation du charbon dans ce secteur de Langreo, entre Sama et La Felguera, débute en 1840 avec l'ouverture de la mine à flanc de coteau de la Nalona. En 1905, la société Duro-Felguera entreprend le fonçage de deux puits verticaux, équipés de chevalements : Fondón I et Fondón II. Il s'agit alors du deuxième puits vertical creusé dans les Asturies.
Après la guerre civile, le site est agrandi et modernisé. Jusqu'en 1958, il abrite également un centre pénitentiaire : les détenus y travaillent au fond pour un salaire inférieur à celui des mineurs, en échange d'une réduction de peine.
En 1967, le siège de Fondón est intégré à la société d'état Hunosa. Le puits Fondón I devient le puits principal. En 1985, il fonctionne en entrée d'air et dispose d'une station de concassage située au sixième étage. Le chevalement du puits Fondón II est démonté en avril 1993 afin d'installer un nouveau système de ventilation.
En 1995, l'exploitation est concentrée sur le puits Candín II, entraînant l'arrêt de l'extraction à Fondón. Le puits Fondón I est alors maintenu comme puits de retour d'air.
Les deux puits étaient équipés de machines d'extraction à tambour de marque Siemens.
Le site comprend également plusieurs bâtiments remarquables :
- la salle des machines, construite en 1915 et agrandie en 1935,
- un ensemble architectural en briques rouges apparentes, caractéristique des réalisations de Duro-Felguera,
- la forge, datant de la même époque,
- les bureaux et sanitaires des années 1930,
- l'atelier mécanique des années 1940,
- un magasin à poudre.
Un tunnel, creusé en 1910, permettait la circulation d'un train minier transportant le charbon jusqu'au lavoir de Modesta.
Pozo Santa Eulalia (ou Pozo Candín I ou El Cabritu) - La Felguera, Langreo
Société d'origine: Carbones de Langreo
Début d'exploitation: 1946
Fin d'exploitation: 31 décembre 2012
Profondeur finale: 693 mètres / 13 étages
Situé en bordure de la rivière Candín, le puits Santa Eulalia est foncé en 1943 par la société Carbones de Langreo, dirigée par l'homme d'affaires et bienfaiteur Manuel Suárez García, connu sous le surnom de Cabritu. Il est inauguré en 1946.
En 1969, les actifs de Carbones de Langreo sont intégrés à la société d'état Hunosa. Quelques années plus tard, en 1973, celle-ci engage un ambitieux programme de modernisation du site. L'ancien chevalement est remplacé par une tour d'extraction de 51 mètres de hauteur. équipée d'une machine à poulie Koepe bicâble et de skips, elle permet d'atteindre une capacité d'extraction de 350 tonnes par heure.
Un lavoir est mis en service en 1977, mais cesse son activité en 1996, lorsque le traitement du charbon est centralisé au lavoir de Modesta, à Sama de Langreo.
Le puits Santa Eulalia fait alors partie du groupe Candín, aux côtés des puits Llascares et Fondón. Durant ses dernières années d'activité, il est dédié uniquement à l'extraction du charbon, tandis que le transport du personnel et du matériel s'effectue par le puits Llascares.
Aujourd'hui, à proximité de la tour d'extraction, subsistent quelques vestiges du lavoir ainsi qu'un ensemble de logements miniers. Ceux-ci dissimulent en partie les autres installations du site, notamment les anciens bureaux et la salle des machines d'origine.
Pozo Lláscares (ou Pozo Enrique ou Candín II) - La Felguera, Langreo
Société d'origine: Minas de Langreo y Siero
Début d'exploitation: 1933
Fin d'exploitation: 31 décembre 2012
Profondeur finale: 676 mètres / 8 étages
Ce puits est situé sur le versant opposé du puits Santa Eulalia, à environ 500 mètres à vol d'oiseau. La zone possédait déjà des réserves minières exploitées par de petites concessions, connues sous les noms de groupe Lláscares et mines de Respinedo.
La société Minas de Langreo y Siero entreprend en 1920 le fonçage du puits ainsi que l'installation de la machine d'extraction. Cependant, les travaux sont interrompus pour diverses raisons et ne reprennent qu'en 1931. Le puits est finalement inauguré en 1933, avec une profondeur initiale de 250 mètres.
Après son intégration à la société d'état Hunosa à la fin des années 1960, le puits est approfondi jusqu'à atteindre 473 mètres. Par la suite, environ 180 mètres supplémentaires sont creusés afin de relier ses galeries à celles du puits Santa Eulalia. L'ensemble forme alors une unité de production unique, appelée groupe Candín, dans laquelle le puits San Enrique/Lláscares assure un rôle auxiliaire (notamment l'accès du personnel), tandis que Santa Eulalia constitue le puits principal d'extraction.
En 1973, une galerie de 2,5 kilomètres est creusée afin de relier le site au puits Fondón, en passant sous la rivière Nalón à une profondeur de 388 mètres. Dans ses dernières années d'activité, l'entrée des mineurs s'effectue par ce puits, tandis que l'extraction du charbon est assurée par Santa Eulalia (Candín I).
Fermé depuis le 31 décembre 2012, le puits conserve l'essentiel de ses installations d'origine, témoignant de plus de deux siècles d'activité charbonnière dans la région.
Le chevalement actuel date de 1963. Plusieurs bâtiments du site remontent également à cette période, notamment la centrale électrique, le hangar d'expédition et les vestiaires.
Sur le plan architectural, les bâtiments se répartissent en deux grands ensembles :
• les constructions d'avant la guerre civile (années 1930) qui traduisent une volonté d'apporter une dimension esthétique à des bâtiments essentiellement fonctionnels,
• les constructions des années 1950 et 1960, avec des lignes épurées, des façades en briques apparentes et de larges baies vitrées favorisant l'éclairage naturel.
Parmi ces constructions, se distingue le bâtiment des bureaux, réalisé en 1942 par les frères Somolinos, dont l'architecture diffère du reste du site. Il présente notamment des similitudes avec les bâtiments du puits Pumarabule (à Siero), également conçus par la même entreprise.
Pozo El Terrerón (ou Pozo Mosquitera II) - Tuilla, Langreo
Société d'origine: La Unión Hullera y Metalúrgica de Asturias
Début d'exploitation: 1946
Fin d'exploitation: 1989
Profondeur finale: 480 mètres / 5 étages
L'origine des concessions minières dans cette zone remonte à 1875, date à laquelle elles sont enregistrées par le baron d'Eichtal. En 1886, plusieurs entreprises se regroupent pour former la société Unión Hullera y Metalúrgica de Asturias, qui sera par la suite intégrée au groupe Duro-Felguera. Au XIXeme siècle, l'exploitation de cette zone est connue sous le nom de groupe Mosquitera, avant de passer sous la gestion de l'Unión Hullera y Metalúrgica de Asturias.
Le puits El Terrerón est foncé à partir de 1942 et entre en service en 1946. Il s'agit du dernier puits creusé par la société. Le chevalement actuel, d'une hauteur de 41,5 mètres, est installé en 1950. Le puits, profond de 480 mètres, est relié au puits Mosquitera I par un niveau intermédiaire situé entre les 4eme et 5eme étages.
En 1967, le site est transféré à la société d'état Hunosa, qui constitue la mine Mosquitera au sein du groupe de Siero, en association avec le puits Mosquitera I. Le puits El Terrerón, également appelé Mosquitera II, est alors utilisé comme puits de service pour Mosquitera I. L'ensemble du groupe et de ses puits est finalement fermé en 1988.
Aujourd'hui, trois principaux éléments du site subsistent : le chevalement (restauré en 2014), la salle des machines, ainsi que le bâtiment regroupant bureaux et sanitaires, bien que ces deux derniers soient en mauvais état de conservation.
Bassin du Caudal-Aller
Pozo San Antonio - Moreda de Aller
Société d'origine: Sociedad Hullera Española
Début d'exploitation: 1953-1956
Fin d'exploitation: 31 octobre 2003
Profondeur finale: 547 mètres / 11 étages
La société Hullera Española est créée en 1892 par Claudio López Bru, deuxième marquis de Comillas, afin de développer les mines de charbon acquises par son père Antonio López dans la vallée de l'Aller. Les activités d'extraction sont situées dans la partie moyenne et supérieure de la vallée, les logements de l'entreprise dans la partie centrale, tandis que la gestion administrative et l'expédition du charbon se concentraient dans la partie basse, au confluent avec la rivière Caudal.
Ce n'est toutefois qu'au cours des années 1940 que La Hullera entreprend la transition d'une exploitation minière à flanc de coteau vers l'extraction par puits verticaux, favorisée par le contexte autarcique de la dictature franquiste.
Le puits San Antonio, nommé en hommage au premier marquis, est foncé à partir de 1942. Les travaux, particulièrement difficiles, sont réalisés avec des moyens modestes. Son chevalement est fourni par Duro Felguera, en collaboration avec une entreprise française, en utilisant la technique moderne de la soudure métallique. Cette structure se distingue de celle du puits San Jorge, également propriété de La Hullera, dont le chevalement est construit en treillis rivetés.
En 1967, La Hullera Española est intégrée à l'entreprise publique Hunosa, qui modernise le puits San Antonio en ajoutant une extension au chevalement afin de permettre l'utilisation de la seule machine d'extraction à poulie Koepe quadricâble des Asturies. Cette modification a également nécessité la construction d'une nouvelle salle des machines. Le puits San Antonio est relié au puits Santiago aux 7e, 9e et 11e étages, formant une unité opérationnelle.
L'activité minière du puits cesse en 1994, lorsque l'extraction du charbon est centralisé sur le complexe Santiago - San Jorge. Toutefois, le puits San Antonio continue de fonctionner comme infrastructure auxiliaire jusqu'à sa fermeture définitive en octobre 2003.
Pozo Santiago - Cabonara, Aller
Société d'origine: Sociedad Hullera Española
Début d'exploitation: 1951
Fin d'exploitation: 31 décembre 2018
Profondeur finale: 581 mètres / 11 étages
Le puits Santiago est foncé par la Sociedad Hullera Española, qui l'inaugure en 1951. En 1967, il est intégré à la société d'état Hunosa. Avec les puits San Jorge et San Antonio, il constitue alors l'«Area Aller».
Au début des années 1980, la nécessité d'approfondir les puits Santiago et San Antonio conduit à étudier plusieurs solutions afin de réduire les co&uacirc;ts et d'améliorer l'exploitation. Il est finalement décidé de concentrer l'extraction du charbon de l'ensemble du groupe Aller sur le puits Santiago, considéré comme le centre de gravité du gisement, puis d'acheminer la production vers le lavoir de Sovilla.
Dans ce cadre, le chevalement d'origine, de type Duro-Felguera (installé en 1951), est remplacé entre 1988 et 1989 par une tour d'extraction moderne de 60 mètres de hauteur. Cette nouvelle structure est construite au-dessus de l'ancien chevalement, sans interrompre l'activité du puits.
Parallèlement, le puits Santiago est approfondi du 9eme au 11eme étage, tandis que le puits San Antonio est prolongé du 7eme au 11eme étage. Les deux puits sont reliés par des galeries souterraines aux niveaux des 7eme et 11eme étages.
Afin de répondre aux besoins de transport du personnel, du matériel, du charbon et des stériles, le puits est équipé d'un double système d'extraction :
• une cage à deux étages, reliée à un contrepoids, pour le personnel, le matériel et les stériles,
• un skip de 17 tonnes, également contrebalancé, destiné à l'extraction du charbon.
La cage est actionnée par une nouvelle machine d'extraction à poulie Koepe bicâble, installée dans la tour. L'ancienne machine d'extraction, située dans un bâtiment distinct, est quant à elle modifiée pour fonctionner également avec une poulie Koepe bicâble et entraîner le skip.
Le puits Santiago cesse finalement son activité le 31 décembre 2018, en même temps que le puits Carrio.
Pozo San Jorge - Cabonara, Aller
Société d'origine: Sociedad Hullera Española
Début d'exploitation: 1942
Fin d'exploitation: 1er mai 1995
Profondeur finale: 151 mètres / 3 étages
Le puits San Jorge est foncé à partir de 1940 par la Sociedad Hullera Española et inauguré le 15 novembre 1942. Situé à proximité du puits Santiago, il est relié à ce dernier par une galerie souterraine au niveau du 3eme étage.
En 1967, le puits est transféré à la société d'état Hunosa et intégré au groupe Aller («Area Aller»), aux côtés des puits San Antonio et Santiago.
L'exploitation du puits cesse le 1er mai 1995. Son chevalement d'origine, haut de 31,5 mètres, reste en service jusqu'à la fermeture, avant d'être restauré.
Le 24 janvier 2013, le site est inscrit à l'inventaire du patrimoine culturel des Asturies, incluant également l'entrée de mine à flanc de coteau associée, connue sous le nom de mina Marianas. Cette dernière a été rénovée en 1964, avec l'utilisation de blocs de béton préfabriqués employés comme voussoirs.
Pozo Espinos - Santandrés, Turón, Mieres
Société d'origine: Cia. Hulleras de Turón
Début d'exploitation: 1927
Fin d'exploitation: 31 juillet 1995
Profondeur finale: 330 mètres
Le puits Espinos est situé dans la vallée minière de Turón. Sa mise en exploitation remonte à la période 1906-1907, sous l'impulsion de la société Hulleras de Turón, alors propriétaire des lieux. En 1927, le puits est doté de son chevalement, marquant une étape importante de son développement. Il restera en activité jusqu'en 1968, année de l'intégration d'Hulleras de Turón au sein de la société d'État Hunosa.
Le chevalement du puits Espinos se distingue par sa typologie unique, qui en fait un précurseur des tours d'extraction modernes. Il est équipé d'une machine d'extraction ASEA à deux tambours, entraînée par un moteur de 20 CV, installée en tête du puits dans un local en bois. La recette couverte, quant à elle, a été construite en 1930.
Aujourd'hui, l'ancienne lampisterie accueille un centre d'interprétation consacré au puits Espinos et au paysage minier de Mieres.
Pozo Santa Bárbara - La Rabaldana, Turón, Mieres
Société d'origine: Cia. Hulleras de Turón
Début d'exploitation: 1913
Fin d'exploitation: 31 juillet 1995
Profondeur finale: 545 mètres / 11 étages (puits principal) - 550 mètres / 11 étages (puits auxiliaire)
Le puits Santa Bárbara est inauguré en 1913 par la société Hulleras de Turón. D'une profondeur initiale de 113 mètres, il permet d'exploiter le gisement situé sous le niveau de la vallée, correspondant aux couches inférieures jusque-là uniquement accessibles par des exploitations à flanc de coteau, notamment celles des groupes San Víctor et San Pedro.
Dans l'histoire de l'entreprise, ce puits joue un rôle déterminant : il constitue un levier essentiel de l'importante augmentation de la production observée dans les années 1920. Par ailleurs, il se distingue par son avance en matière de mécanisation et d'amélioration des systèmes de transport.
En 1968, le puits Santa Bárbara est intégré, avec l'ensemble des installations de la Compañía Hulleras de Turón, au sein de la société d'État Hunosa, où il demeure un équipement majeur du groupe minier de Turón.
Bien que la fermeture officielle du puits intervienne en septembre 1994, les activités souterraines se poursuivent jusqu'au 2 décembre de la même année. La fermeture définitive des installations est actée le 31 juillet 1995.
Aujourd'hui, la majorité des installations des deux puits (principal et auxiliaire) est encore visible et fait l'objet de travaux de restauration. Les bâtiments datent principalement des années 1920, avec des ajouts importants dans les années 1960. A l'origine, les machines d'extraction des deux puits étaient regroupées dans un bâtiment unique situé entre les deux chevalements. Lors de la modernisation du site au début des années 1960, ces chevalements sont remplacés et équipés de nouvelles machines d'extraction, installées dans des bâtiments distincts en béton armé (1960).
Le puits principal est doté d'un chevalement en acier soudé de 37 mètres de hauteur. Celui du puits auxiliaire, d'une hauteur d'environ 17 mètres, est équipé de deux cages à un étage.
Le site est déclaré 'Bien d'Intérêt Culturel' le 29 octobre 2009, devenant ainsi la première exploitation minière des Asturies à recevoir cette distinction.
Pozo San José - Turón, Mieres
Société d'origine: Cia. Hulleras de Turón
Début d'exploitation: 1957
Fin d'exploitation: 11 janvier 1993
Profondeur finale: environ 600 mètres / 8 étages
Les travaux de fonçage du puits San José débutent en 1947, à l'initiative de la Compañía Hulleras de Turón, dans le quartier de San Francisco. Dès 1949, le puits atteint une profondeur de 250 mètres, avant d'être approfondi ultérieurement jusqu'à 550 mètres.
En 1955, un chevalement de 25 mètres de hauteur est installé, marquant une étape clé dans la mise en exploitation du site. Le puits est officiellement inauguré le 25 septembre 1957 en présence des ministres de l'Industrie et de l'Intérieur. À cette époque, il est considéré comme une installation moderne, dotée de techniques d'exploitation avancées.
Au début des années 1960, la Compañía Hulleras de Turón emploie environ 6 400 personnes, ce qui en fait la deuxième société minière d'Espagne. En 1968, le puits San José est intégré à l'entreprise d'État Hunosa. Celle-ci en assure l'exploitation jusqu'à sa fermeture le 11 janvier 1993.
Après plusieurs années d'abandon et de dégradation, le chevalement ainsi qu'une partie des installations font l'objet de travaux de restauration à partir de 2008. Parmi les éléments remarquables du site figure le bâtiment de recette, caractérisé par ses voûtes en béton armé.
Pozo Figaredo - Cortina de Figaredo, Turón, Mieres
Société d'origine: Sociedad Minas de Figaredo
Début d'exploitation: 1867
Fin d'exploitation: 29 juin 2007
Profondeur finale: 628 mètres / 11 étages (puits San Vincente) - 598 mètres / 11 étages (puits San Inocencio)
Le premier grand propriétaire minier de la vallée de Turón est Vicente Fernández Blanco, titulaire en 1866 de la concession «Coto Paz», située entre Figaredo et Santa Cruz. Toutefois, c'est son fils, Juan Inocencio Fernández Martínez de Vega (qui adoptera en 1925 le nom d'Inocencio Figaredo) qui reprend l'entreprise en 1870 et la développe jusqu'à en faire l'un des principaux producteurs de charbon des Asturies.
Dès l'origine, la famille Figaredo poursuit une stratégie d'expansion reposant sur l'acquisition de nouvelles concessions et sur la mécanisation progressive des exploitations. Dans ce cadre, plusieurs infrastructures sont mises en place : un lavoir, une batterie de fours à coke ainsi qu'un premier système de transport, mis en service en 1871 et connu sous le nom de «Tram Coto Paz», destiné à acheminer la production jusqu'au quai de chargement du chemin de fer du Nord.
Le 31 mars 1932 est créée la société Minas de Figaredo S.A. Jusqu'alors, l'exploitation du charbon s'effectuait principalement par galeries horizontales à flanc de coteau. Avec la création de la société débute le fonçage du puits vertical de San Vicente, dont le chevalement initial sera ultérieurement remplacé par une tour d'extraction en béton de 48 mètres de hauteur.
Par la suite, le puits San Inocencio est foncé et connaît un développement important dans les années 1950. Son chevalement, haut de 31 mètres, est construit en 1957 par la Fábrica de Moreda à Gijón, et la mise en production intervient le 14 juillet 1958.
À partir de 1978, l'entreprise entre en crise, en raison notamment d'un déficit de modernisation durant les périodes antérieures plus favorables, ce qui entraîne de nombreux conflits sociaux. La société Minas de Figaredo est alors nationalisée et intégrée en 1980 à l'INI (Instituto Nacional de Industria). Elle devient la dernière exploitation minière asturienne à rejoindre Hunosa, en 1997.
La remontée de la dernière berline de charbon, le 29 juin 2007, marque la fin de près de deux siècles d'exploitation minière dans la vallée de Turón.
Aujourd'hui, de nombreuses installations subsistent et témoignent de cette activité : entrées de galeries à flanc de coteau, salle des machines, chevalement et recette du puits San Inocencio, tour d'extraction du puits San Vicente, anciens bureaux, ainsi que la cheminée d'une batterie de fours à coke.
Pozo Barredo - Mieres
Société d'origine: Fábrica de Mieres, S.A.
Début d'exploitation: 1941
Fin d'exploitation: 31 juillet 1995
Profondeur finale: 356 mètres / 5 étages
Dans ce secteur, la société Fábrica de Mieres exploite, dès la fin du XIXe siècle, une mine par galeries à flanc de coteau, connue sous le nom de « Mina Mariana ». Cette exploitation comprend jusqu'à 15 niveaux répartis sur le versant ouest du massif de Polio. Le charbon est acheminé vers la vallée au moyen de plans inclinés jusqu'au quartier appelé «El Barredo» ou «El Barreo».
A partir de ce point, un chemin de fer minier, mis en service en 1882, relie Batán en rejoignant la ligne provenant de la mine Baltasara, puis se prolonge jusqu'à Ablaña, où se situe la fonderie. Dans ce même secteur, la Fábrica de Mieres dispose également d'une centrale électrique, construite en 1916, ainsi que d'un lavoir mis en service en 1922.
Face à la diminution de la production des mines Mariana et Coruxas, liée à l'épuisement progressif des gisements superficiels, la société est contrainte de se tourner vers une exploitation plus profonde. C'est dans ce contexte qu'est mis en service en 1923, dans la zone de Barredo, le Socavón Barredo, une galerie à flanc de coteau. Son entrée, toujours visible aujourd'hui, porte l'inscription «Grupo Mariana - 1920» et marque le niveau le plus bas accessible par exploitation horizontale.
Dès lors, la nécessité de poursuivre l'exploitation en profondeur conduit, à partir de 1931, à envisager le fonçage d'un puits vertical. Les travaux débutent finalement en 1937, en pleine guerre civile espagnole, et s'achèvent en 1940. Le chevalement, haut de 31 mètres, ainsi que la machine d'extraction (double tambour débrayable Schalker Eisenhütte entraîné par un moteur électrique Siemens) sont installés en 1941 et mis en service en septembre de la même année.
En 1967, la Fábrica de Mieres, avec l'ensemble de ses installations, est intégrée à la société d'État Hunosa. Le puits est ensuite approfondi en 1981 et équipé au niveau du cinquième étage. Il permet alors la circulation de deux cages, chacune pouvant transporter quatre berlines sur un seul niveau.
Hunosa maintient l'exploitation du puits Barredo jusqu'en juillet 1995, date à laquelle l'extraction du charbon cesse. Toutefois, le puits reste en service jusqu'en décembre 2007 pour assurer des fonctions d'aérage, d'exhaure et de maintenance du puits San Inocencio (mine de Figaredo), auquel il est relié par des galeries souterraines.
Après l'arrêt de l'extraction, le site est progressivement reconverti pour accueillir des projets de recherche liés à la sécurité minière, sous l'impulsion du gouvernement de la Principauté des Asturies. Dans ce cadre, la Fundación Barredo est créée en 2001, avec pour objectif de développer ces activités ainsi que la formation professionnelle.
A son apogée, le puits Barredo atteint une production annuelle de 131 000 tonnes de charbon, mobilisant environ 700 travailleurs.
Pozo Polio - El Carbayón, Santa Rosa, Mieres
Société d'origine: Fábrica de Mieres, S.A.
Début d'exploitation: 1962
Fin d'exploitation: 1er novembre 1992
Profondeur finale: 606 mètres / 6 étages (puits n°1) - 411 mètres / 5 étages (puits n°2)
Le puits Polio doit son nom à la montagne dans laquelle il est implanté, mais il est également connu sous l'appellation de « puits des chevalements jumeaux ». Il est créé par la Fábrica de Mieres afin d'alimenter ses hauts-fourneaux, dans le prolongement de l'exploitation de la mine à flanc de coteau Baltasara, alors en voie d'épuisement. Le recours à des puits verticaux permet d'accéder aux parties les plus profondes du gisement.
Les travaux préparatoires du puits n°1 débutent en octobre 1951, suivis du fonçage le 18 mai 1953, qui s'achève en mai 1956. Ce puits atteint une profondeur de 426 mètres et comporte six étages. Il est destiné au transport du personnel, du matériel et des stériles, ainsi qu'à l'entrée d'air. Il sera par la suite approfondi jusqu'à 606 mètres.
Le fonçage du puits n°2 débute le 2 novembre 1954 et s'achève le 30 juin 1956, avec une profondeur de 411 mètres et cinq étages. Ce second puits est dédié à l'extraction du charbon et au retour d'air.
Afin d'acheminer la production vers le lavoir de Batán, le chemin de fer minier de Baltasara est prolongé entre Rioturbo et Polio entre 1951 et 1954. L'exploitation du charbon débute effectivement en 1962. Le puits Polio devient alors l'une des installations majeures de la Fábrica de Mieres et compte parmi les exploitations les plus modernes de son époque.
Ce site se distingue des autres exploitations asturiennes par la présence de deux puits parallèles — à l'instar des puits Sotón et Fondón — surmontés de chevalements jumeaux atteignant 39,41 mètres de hauteur. Ces structures, dépourvues de poussards et équipées de molettes superposées, s'intègrent directement dans un bâtiment central abritant la salle des machines et les compresseurs. Les machines d'extraction, également jumelles, reposent sur des systèmes à poulies Koepe bicâble fournis par GHH, associés à des équipements électriques Siemens.
En 1967, le puits Polio est intégré, avec l'ensemble des installations de la Fábrica de Mieres, à la société d'État Hunosa, qui l'exploite à pleine capacité jusqu'à la fin des années 1980. Le transport ferroviaire minier est abandonné en 1984, et la fermeture définitive du site intervient le 1er novembre 1992.
Malgré un état de dégradation avancé, le puits Polio conserve aujourd'hui une grande partie de ses installations : le bâtiment central avec les recettes et la salle des machines, les deux chevalements, le bâtiment des compresseurs, les anciens bureaux, vestiaires et lampisterie, ainsi que le bâtiment des ventilateurs du puits n°2 et les trémies en béton destinées au stockage du charbon.
Pozo Tres Amigos (ou Pozo San José) - Vegadotos, Rioturbio, Mieres
Société d'origine: S.A. Minas Tres Amigos
Début d'exploitation: 1942
Fin d'exploitation: 26 décembre 2000
Profondeur finale: 495 mètres / 10 étages
La recherche de nouveaux gisements de charbon dans la vallée de San Juan conduit José Sela à conclure, entre 1936 et 1938, une série d'accords avec la société Duro-Felguera en vue d'exploiter des couches situées entre Vegadotos et Entelosríos. Dans ce contexte, la société familiale S.A. Minas Tres Amigos engage en 1939, le fonçage d'un puits initialement nommé puits San José, mais plus couramment appelé puits Sela.
L'exploitation débute en 1942, après l'installation d'une machine d'extraction d'origine belge. En 1962, les équipements d'origine sont modernisés : le chevalement est remplacé par une structure en acier soudé de type Duro-Felguera, accompagnée d'une nouvelle machine d'extraction à tambours fournie par GHH et Siemens. Le puits est alors équipé de deux cages, chacune pouvant transporter deux berlines.
A la suite de son intégration dans la société d'État Hunosa en 1969, le site est rebaptisé «Tres Amigos» afin d'éviter toute confusion avec les autres puits portant le nom de San José, notamment ceux de Turón et d'Olloniego.
Le 26 décembre 2000, les cages effectuent leur dernière remontée, marquant la fermeture définitive du puits. Par la suite, la majorité des installations est démantelée, à l'exception du chevalement, de la machine d'extraction et de l'ancienne poudrière, qui subsistent encore aujourd'hui comme témoignages de l'activité minière passée.
Lavaredo de Batán - Mieres
L'histoire du lavoir de Batán débute en 1951, lorsque la société Fábrica de Mieres acquiert le terrain destiné à la construction d'un lavoir central, appelé à remplacer ceux des groupes Baltasara, Nicolasa, Cobertoria, Quirós et Mariana.
Les travaux de génie civil commencent en 1952, suivis de la construction du bâtiment principal à partir de juillet 1953. Le 18 février 1959, le lavoir entre en phase de tests, en traitant d'abord le charbon du groupe Nicolasa, puis ceux de Mariana, Baltasara et Polio.
En 1960, tout le charbon brut de Mariana, Baltasara, Polio, Nicolasa et Bárzana est déjà traité par le lavoir de Batán. En mai 1961, un téléphérique menant à la décharge de Morgao est mis en service, pour l'évacuation des stériles. Il cessera de fonctionner en 1974, lorsque la décharge sera remplie.
Après son intégration à la société d'état Hunosa en 1967, le site fait l'objet d'importantes modifications et modernisations.
A la suite de l'accident survenu en 2007 au puits Modesta, entraînant la fermeture de son lavoir, l'ensemble de la production de Hunosa est concentré au lavoir de Batán, dont la capacité atteint alors 8 500 tonnes par jour.
En 2008, de nouveaux travaux de modernisation et de rénovation extérieure sont réalisés, donnant au site son aspect actuel, plus épuré et moderne.
En 2020, le lavoir de Batán est le dernier grand lavoir à charbon en activité dans la Principauté des Asturies. Il traite la production du dernier puits encore en service, le puits San Nicolás, auquel il est relié par une longue bande transporteuse, en partie souterraine puis aérienne.
Depuis la fermeture du puits San Nicolás fin 2024, le lavoir de Batán étend son activité au-delà du traitement du charbon en retraitant les sous-produits de l'industrie primaire pour récupérer des matières premières (projet Batán Recovery).
Pozo San Nicolás (ou Pozo Nicolasa) - Ablaña, Mieres
Société d'origine: Compagnie Minière et Métallurgique des Asturies
Début d'exploitation: 1855-1859
Fin d'exploitation: 17 décembre 2024
Profondeur finale: 570 mètres / 7 étages
Le puits San Nicolás, également connu sous le nom de mine Nicolasa, était la dernière mine de charbon à puits encore en activité en Espagne.
L'exploitation du gisement débute entre 1855 et 1859, alors propriété de la Compagnie Minière et Métallurgique des Asturies, dont l'actionnaire principal est le Français Numa Guilhou. En 1870, celui-ci fonde la Sociedad Numa Guilhou, qui devient en 1879 la Fábrica de Mieres S.A. L'entreprise regroupe alors plusieurs exploitations, dont les mines Nicolasa, Mariana et Coruías. La même année, une ligne de chemin de fer à voie étroite est mise en service pour transporter le charbon du groupe Nicolasa. A cette époque, l'exploitation se fait principalement par des galeries à flanc de coteau.
En 1951, le fonçage du puits San Nicolás est entrepris. Il s'achève cinq ans plus tard avec l'installation du chevalement, de la machine d'extraction et de la salle des compresseurs. En 1967, les actifs miniers de Fábrica de Mieres, dont le puits San Nicolás, sont intégrés à la société d'état Hunosa.
Le 31 août 1995, un grave accident se produit : une explosion de grisou entraîne la mort de 14 mineurs sur les 336 employés du site. Cet événement marque l'un des drames les plus importants de l'exploitation minière contemporaine en Espagne. Depuis lors, les mesures de sécurité ont été significativement renforcées.
La fermeture définitive du puits San Nicolás intervient le 17 décembre 2024 ; commence alors un long travail de mise en sécurité de la mine.
Avant la fermeture de la mine, l'extraction du charbon ne se faisait plus par le puits principal surmonté du chevalement, mais par un second puits (puits n°2), équipé d'une machine d'extraction à poulie Koepe bicâble installée dans un bâtiment de plain-pied. Le charbon était remonté depuis les niveaux les plus profonds vers un étage intermédiaire, puis acheminé par une longue bande transporteuse, d'abord en galerie puis en surface, jusqu'au lavoir de Batán.
Après traitement, le charbon était destiné à la centrale thermique de La Pereda, également exploitée par Hunosa. Le puits n°1, équipé de cages, était quant à lui utilisé pour le transport du personnel, du matériel et l'évacuation des stériles.
Pozo Llamas - Les Quintanes, Ablaña, Mieres
Société d'origine: Mina LLamas
Début d'exploitation: 1941
Fin d'exploitation: 1977
Profondeur finale: 270 mètres / 6 étages
Ce puits constitue le premier puits vertical foncé dans la vallée d'Ablaña. Lors de son inauguration, le 19 mars 1941, il est baptisé puits San José, en référence au saint patron d'Ablaña.
La société propriétaire initiale, Mina Llamas, est rachetée en 1943 par l'entreprise cantabrique Nueva Montaña Quijano S.A. Celle-ci entreprend alors le ravalement du puits et modernise les installations. En 1954, le chevalement d'origine est remplacé par une structure en treillis riveté, haute de 26 mètres. Parallèlement, le puits est approfondi : deux nouveaux niveaux s'ajoutent aux trois existants, puis un sixième est ultérieurement créé, portant la profondeur totale à 270 mètres. En 1959, un puits d'aérage moderne est également mis en service.
En 1967, le site est intégré à la société d'état Hunosa. A cette époque, il emploie environ 850 travailleurs. Toutefois, le gisement montre déjà des signes d'épuisement. Malgré une activité maintenue à un rythme décroissant, le puits ferme en 1977, après seulement 36 années d'exploitation.
Son chevalement, inscrit en février 2013 à l'inventaire du patrimoine culturel des Asturies, constitue un exemple unique dans l'industrie minière régionale. Il s'agit en effet du seul chevalement-grue, caractérisé par le passage des câbles à l'extérieur et en avant de la structure.
Aujourd'hui, le site est abandonné et envahi par la végétation. Outre le chevalement, encore bien conservé, subsistent les ventilateurs ainsi que le bâtiment de la machine d'extraction, qui abrite toujours son tambour double.
Pozo Montsacro - La Foz, Morcín
Société d'origine: Real Fábrica de Armas de Trubia
Début d'exploitation: 1959
Fin d'exploitation: 31 décembre 2015
Profondeur finale: environ 500 mètres / 7 étages
La première concession pour l'exploitation du charbon dans ce secteur montagneux est accordée à la Real Fábrica de Armas de Trubia, propriété de l'état. L'extraction débute en 1846 par des mines à flanc de coteau. à partir de 1860, l'activité ralentit fortement jusqu'à l'abandon des travaux la même année.
En 1888, l'état met les concessions en vente aux enchères publiques. Après plusieurs tentatives, elles sont finalement acquises en 1899 par la société asturienne Minas de Riosa. L'exploitation est assurée par cette société jusqu'en 1905, puis reprise par des investisseurs français entre 1905 et 1914.
En 1914, les mines reviennent sous contrôle asturien avec la création de la société Hulleras de Riosa, qui engage une politique de développement de la production. Entre 1914 et 1920, une ligne de chemin de fer d'environ 9 kilomètres est construite entre La Foz de Morcín et La Pereda (Mieres), afin de faciliter l'acheminement du charbon.
En 1952, les mines sont rachetées par l'Empresa Nacional Siderúrgica (Ensidesa), intéressée par la qualité du charbon pour la production de coke sidérurgique. En septembre 1953, débute le fonçage du puits Montsacro. Le chevalement est installé en juin 1959, et la production régulière commence au cours du second semestre de la même année. Dès sa mise en service, le puits est équipé d'une machine d'extraction à poulie Koepe et de deux skips.
En 1969, le site est repris par la société d'état Hunosa, qui l'intègre au groupe de San Nicolás, aux côtés des puits Nicolasa et Olloniego. Cette réorganisation entraîne l'abandon et le démantèlement de la ligne ferroviaire entre La Foz et La Pereda. Hunosa privilégie alors le transport du charbon brut par camion jusqu'au lavoir de Batán à Mieres. Par la suite, une bande transporteuse est installée en souterrain jusqu'au puits Nicolasa (niveau 5), d'où le charbon est acheminé vers ce même lavoir.
L'importance économique de cette exploitation pour les communes de Riosa et Morcín est notable : en 1980, elle emploie 1 015 personnes et produit plus de 350 000 tonnes de charbon. Le puits Montsacro est finalement fermé le 31 décembre 2015.
Pozo San José (ou pozo Ollionego) - San Frechoso, Ollionego, Ovideo
Société d'origine: Sociedad Hulleras de Veguín y Olloniego
Début d'exploitation: 1958
Fin d'exploitation: 1993
Profondeur finale: 650 mètres / 10 étages
Les mines de charbon d'Olloniego commencent à être exploitées au milieu du XIXeme siècle par des sociétés à capitaux étrangers. En 1917, elles sont acquises par la Sociedad Hullera de Veguín. L'année suivante, en mai 1918, est créée la société Hulleras de Veguín y Olloniego, qui entreprend une modernisation des installations : aménagement de plans inclinés et construction d'un lavoir moderne à La Servanda.
En 1953, elle lance le fonçage du puits San José dans la vallée de San Frechoso, lequel est inauguré en 1958. En 1968, la société est intégrée à la société d'état Hunosa. Dès novembre de cette même année, l'ensemble de l'extraction est concentré sur ce puits, après la fermeture de la mine Vicentina.
Le puits San José reste en activité jusqu'au 1er août 1972. Parallèlement, un second puits plus profond avait été entrepris dans la vallée de Fayedo (San José n°2). Cependant, les travaux sont interrompus lors de la fermeture de l'exploitation, alors qu'un investissement total de plus de 138 millions de pesetas avait déjà été engagé. Ce puits, resté inachevé, ne sera jamais équipé (ni chevalement, ni machine d'extraction) et ne pourra être envisagé que comme un puits de ventilation, symbolisant les aléas de l'histoire minière régionale.
Depuis sa mise en service jusqu'à cette première fermeture, le site a produit environ 4,5 millions de tonnes de charbon, avec une exploitation du gisement sur près de 2 500 mètres.
Le puits San José est remis en activité en 1982 par la société Hunosa, avant de fermer définitivement en 1993.
Secteur de Siero
Pozo Siero (Minas de Solvay-Lieres) - Lieres, Siero
Société d'origine: Solvay et Cie.
Début d'exploitation: 1919
Fin d'exploitation: 2001
Profondeur finale: 780 mètres / 10 étages (puits n°1) - 780 mètres / 10 étages (puits n°2)
En 1916, la société Solvay & Cie, propriétaire des mines de charbon de Lières, décide de creuser un puits vertical afin d'atteindre les couches les plus profondes du gisement. Jusqu'alors, l'exploitation se faisait par les différents niveaux d'une mine à flanc de coteau, exploitée depuis 1892 par la société La Fraternité, intégrée en 1903 au groupe belge Solvay.
Pour ce projet, un premier chevalement métallique d'un peu plus de 15 mètres de hauteur est installé en 1917. Il est équipé d'une machine d'extraction à vapeur à double tambour avec câble plat. Au début des années 1940, une nouvelle machine d'extraction est mise en place. L'ancienne machine à vapeur est alors conservée sur site, modifiée (remplacement des tambours par un tambour cylindrique et du câble), et utilisée comme équipement auxiliaire jusqu'à son transfert ultérieur au Musée minier d'El Entrego.
En 1942, la conception d'un nouveau chevalement de 25 mètres de haut est lancée pour remplacer le précédent. Il se distingue par une structure atypique dans les Asturies : ses quatre pieds porteurs sont en acier, avec des éléments en bois, tandis que les croisillons sont réalisés en béton armé. Parallèlement, une nouvelle machine d'extraction électrique de type Koepe est installée, équipée d'un moteur à courant continu de 365 kW alimenté par un système Ward-Leonard.
Entre 1950 et 1952, un second puits (n°2) est creusé et relié au puits n°1 à tous ses niveaux. Ensemble, ils atteignent une profondeur de 780 mètres, ce qui en font alors les puits les plus profonds des Asturies.
Lorsque Hunosa reprend les anciennes mines de Solvay-Lières en 1994, l'ensemble est rebaptisé pozo Siero. L'exploitation cesse en 2001, et une grande partie des installations est ensuite démantelée.
De nos jours sont encore visibles :
• l'ancienne centrale électrique,
• un petit bâtiment avec ventilateur,
• la cheminée de la chaudière, haute de 30 mètres, ainsi que le bâtiment qui abritait cette installation,
• le chevalement du puits n°1 et le bâtiment de la machine d'extraction (celle-ci est fortement dégradée),
• le puits n°2 avec son chevalement moderne et le bâtiment de la première machine d'extraction.
Le bâtiment de la nouvelle machine d'extraction a été détruit et la machine réutilisée pour le puits María Luisa à Langreo. Face à la mine, on peut voir la cité minière de Campiello, construite par Solvay au début du XXème siècle.
Pozo Pumarabule (ou Pozu de la Muerte) - Pumarabule, Carbayín, Siero
Société d'origine: Fábrica de Mieres puis Minas de Langreo y Siero
Début d'exploitation: 1917
Fin d'exploitation: 2005
Profondeur finale: 242 mètres / 6 étages (puits Marta n°1) - 578 mètres / 13 étages (puits Marta n°2)
L'histoire de la mine Pumarabule, connue populairement sous le nom «Pozu La Muerte»:, débute en 1916 avec le fonçage d'un premier puits (Marta 1) par l'ingénieur des mines Joaquín Velasco de la société Fábrica de Mieres. Il entrera en service un an plus tard. Il est équipé d'un chevalement métallique avec des cages pour deux berlines entraînées par une machine d'extraction à vapeur (qui sera remplacée plus tard par un treuil électrique).
A partir de 1925, Fábrica de Mieres commence à vendre ses mines de charbon. La société Minas de Langreo y Siero est créée et forme trois groupes miniers : Pumarabule, Lláscaras et El Viso.
En 1957, le second puits (Marta 2) est foncé ; il est équipé d'un chevalement haut de 30 mètres de type Duro-Felguera et d'une machine d'extraction électrique installée en 1958. Ses cages ont une capacité de 4 berlines.
En 1969, les actifs de Minas de Langreo y Siero sont repris par la société d'Etat Hunosa. Le puits devait être fermé en 1992, mais la pression exercée par les syndicats et la mobilisation sociale ont réussi à retarder sa fermeture définitive jusqu'en 2005.
Pozo Mosquitera I - Carbayín, Siero
Société d'origine: Sociedad Duro-Felguera
Début d'exploitation: 1929
Fin d'exploitation: 17 décembre 1989
Profondeur finale: 567 mètres / 8 étages
Les origines de cette exploitation minière remontent au milieu du XIXème siècle à avec la mine de charbon «Coto Mosquitera», appartenant aux sociétés d'Eichtal, Marqués de Guadalmina et Barón del Castillo de Chirel. De cette époque il subsiste une belle entrée de mine à flanc de coteau construite vers 1844 (bocamina de Mosquitera).
Plus tard, les mines du groupe Mosquitera ont appartenu à l'Unión Hullera y Metalúrgica de Asturias, qui est absorbée en 1906 par la Sociedad Metalúrgica Duro-Felguera. Cette dernière débute le fonçage du puits Mosquitera en 1927 ; les travaux se termineront en 1929. Un chevalement métallique est installé au dessus du puits.
En 1967, le puits intègre le Groupe Siero (avec le puits El Terrerón renommé alors Mosquitera II) de la société d'Etat Hunosa suite au transfert des actifs miniers de Duro-Felguera. En 1977, dans le cadre des plans de modernisation d'Hunosa, le chevalement est remplacée par une tour d'extraction en béton, haute de 52 mètres. Elle est équipée d'une machine d'extraction à poulie Koepe bicâble construite par les sociétés allemandes EPH-Siemens.
Le 7 décembre 1989, une bande transporteuse prend feu au 7ème étage entraînant la mort de 4 mineurs et la fermeture du puits. L'incendie mettra deux ans à s'éteindre. Le gisement de charbon Mosquitera sera encore exploité par la mine Pumarabule jusqu'en 2005.
Secteur de Gijón-Avilés
Mina La Camocha - Gijón
Société d'origine: Sociedad Felgueroso Hermanos
Début d'exploitation: 1935
Fin d'exploitation: 28 décembre 2007
Profondeur finale: 612 mètres / 9 étages (puits n°2)
Un géologue allemand, Guillermo Schulz, confirme la présence de charbon au sud de Gijón, ce qui pousse les frères Felgueroso à réaliser un premier sondage en 1901, atteignant le charbon à 160 m. Ils tentent ensuite de foncer deux puits entre 1902 et 1904, mais les travaux sont abandonnés à cause d'importantes venues d'eau. Jusqu'en 1930, les Felgueroso poursuivent leurs sondages pour explorer le gisement de Gijón.
Avec les informations recueuillies, les frères Felgueroso décident de foncer un nouveau puits, le puits n°1 à proximité du 1er puits et du 1er sondage. Les travaux débutent le 1er juillet 1930. Le 10 janvier 1931 il atteint la profondeur de 180 mètres et le creusement d'une galerie horizontale est effectué, coupant le charbon à 11 mètres du puits.
En juillet 1932 débute le fonçage du puits n°2 à 100 mètres du précédent. L'exploitation du charbon commence en 1935. Par la suite un troisième puits sera créé, ainsi que 2 puits de ventilation appelés Granda et Leorio.
Après 1945, la mine est transférée à la banque Pastor puis rejoindra la Minero Siderúrgica de Ponferrada (MSP) en 1967.
De 1949 à 1986, la mine était reliée par un chemin de fer à voie ibérique au port de Gijón par la gare de Veriña.
En 1991, la mine de la Camocha se sépare de MSP, en grande difficulté. Le 12 mai 1992, la société Mina La Camocha est fondée, avec la famille García Brugos comme propriétaire.
Jusqu'en 1996, le puits n°2 était équipé d'une machine d'extraction à vapeur GHH de 1921, installée en 1932 et munie de deux bobines pour câbles plats. Elle est alors remplacée par une machine électrique à poulie Koepe bicâble et un nouveau chevalement à molettes superposées (identique au puits Carrio à Laviana et au puits Maria à Pennaroya-Pueblonuevo). La machine à vapeur a été transférée au Musée des Mines des Asturies (MUMI). L'année suivante, le puits est muni d'un skip et devient le puits d'extraction.
En raison du manque de rentabilité de l'exploitation, l'arrêt de la mine La Camocha est inscrite dans le Plan Charbon 2006-2012. La fermeture définitive interviendra le 28 décembre 2007, avec la dissolution de la société Mina La Camocha. En 72 ans d'histoire, la mine aura employé plus de 13 000 travailleurs pour une production totale d'un peu plus de 29 millions de tonnes de charbon.
Mina de Arnao - Arnao, Castrillón
Société d'origine: Real Compañía Asturiana de Minas
Début d'exploitation: 1855 (1er puits vertical)
Fin d'exploitation: 1915
Profondeur finale: 205 mètres
En 1591, le frère Agustín Montero découvre une pierre noire - du charbon - dans les falaises d'Arnao, sur la commune de Castrillón, et écrit au roi Philippe II pour obtenir l'autorisation de son extraction. Cette exploitation éphémère et très rudimentaire, mais en avance sur son temps, est la première mine de charbon documentée dans la péninsule Ibérique.
Son exploitation intensive débute en 1833, lorsqu'elle est acquise par la société Belge 'Real Compañía Asturiana de Minas', l'une des premières multinationales à s'installer en Espagne. De nombreux changements dans l'exploitation minière sont alors introduits, avec notamment la construction en 1855 du chevalement permettant de creuser ce qui allait devenir le premier puits vertical des Asturies, le 'puits Grand-Père' (Pozo Güelu ou Pozo Abuelo).
En 1853, face à l'impossibilité d'utiliser le charbon pour la production de fer et d'acier, une fonderie de zinc est construite à Arnao afin d'exploiter les 40 000 tonnes de charbon extraites annuellement. Cette usine fit de la région d'Avilés un leader mondial de la production de zinc.
Les galeries, situées sous les fonds marins, atteignant près d'un kilomètre de la côte, avec une pronfondeur maximale de -205 mètres, étaient fréquemment inondées par des fuites d'eau. La situation est progressivement devenue insoutenable et, en 1915, la décision est prise de fermer la mine.
En 2007, grâce à un projet porté par la municipalité de Castrillón et soutenu par un bel élan populaire, la réhabilitation du site débute (chevalement, galeries...) ; elle aboutira à l'ouverture du
musée de la mine d'Arnao quelques années plus tard.
Secteur de Teverga
Pozo San Jerónimo - Teverga
Société d'origine: Hulleras e Industrias SA
Début d'exploitation: 1966
Fin d'exploitation: 1992
Profondeur finale: 230 mètres / 4 étages
L'exploitation du charbon dans les vallées de la Trubia débute dans la seconde moitié du XIXème siècle, mais c'est en 1900 que commence véritablement l'histoire minière de Teverga avec la création de la Sociedad Minas de Teverga, destinée à exploiter les gisements de Santianes.
En 1902, la compagnie ouvre la galerie du Transversal de La Cruz, principal accès aux couches de charbon. Le minerai est acheminé jusqu'au lavoir d'Entrago, puis évacué grâce au réseau ferroviaire minier. En 1909, l'ouverture d'une ligne secondaire reliant Entrago au chemin de fer minier de Quirós permet d'acheminer le charbon vers les installations sidérurgiques de Trubia.
A la fin de la guerre civile espagnole, la société Minas de Teverga disparaît. Ses actifs sont repris en 1941 par Carbones de Teverga, avant d'être rapidement transférés à Hulleras e Industrias S.A. (HULLASA), entreprise créée en 1940 avec des capitaux basques et catalans. HULLASA devient alors la principale compagnie minière des vallées de la Trubia.
Pour moderniser l'exploitation de Santianes, HULLASA lance la construction du puits vertical San Jerónimo en 1958. Les travaux s'étendent jusqu'en 1966, date à laquelle les premiers charbons sont extraits. Le puits atteint environ 230 mètres de profondeur et comporte quatre niveaux d'exploitation. Une voie ferrée minière électrifiée de 600 mm relie alors directement le puits au lavoir d'Entrago ; cette liaison est cependant abandonnée dès 1963.
En 1971, HULLASA refuse son intégration au groupe public minier Hunosa. L'état décide alors de placer l'entreprise sous tutelle. A partir de 1974, les projets de fermeture progressive suscitent une forte opposition locale. Le puits San Jerónimo devient un symbole de la lutte ouvrière dans les Asturies.
Les années 1970 et 1980 sont marquées par de nombreuses manifestations et occupations du puits. L'épisode le plus célèbre survient en 1987, lorsqu'un groupe de mineurs reste retranché dans la mine pendant plus de vingt jours pour défendre les emplois et réclamer l'intégration de HULLASA à Hunosa.
Cette même année, les exploitations sont reprises par l'entrepreneur Victorino Alonso. Malgré cela, le déclin du charbon se poursuit. Le puits San Jerónimo ferme en 1992, puis les dernières exploitations de HULLASA cessent leur activité 3 ans plus tard. Plus de 200 mineurs sont alors reclassés dans d'autres mines ou bénéficient de départs anticipés.
Secteur occidental
Mina La Rasa - El Rodical, Tineo
La mine La Rasa est une exploitation d'anthracite ouverte dans les années 1980 par la société Antracitas Mina La Rasa y Aurora S.A., regroupant plusieurs concessions totalisant 75 hectares : La Rasa, Aurora et leurs extensions .
Dans ses premières années, l'exploitation se concentre sur deux couches : la première jusqu'au 8ème étage, et la seconde jusqu'au 5ème étage. L'extraction se faisait par un plan incliné (28°) de 600 mètres de longueur, creusé dans la roche, servant à la fois de galerie d'extraction, de transport et de ventilation. Il était équipé d'un treuil de 100 CV, capable d'extraire 40 t/h à une vitesse de 2 m/s.
Face à la faible extension du gisement, un accord est passé avec la société voisine Antisa (Antracitas de Tineo S.A.) pour exploiter le 9eme étage, créant la coentreprise Rasa-Antisa. Vers 1990, après épuisement des réserves partagées, l'exploitation passe entièrement sous contrôle d'Antisa.
En 2004, la mine est rachetée par le groupe de Victorino Alonso (Uminsa). Elle compte alors 153 mineurs, mais ce nombre tombe à 35 en 2010. En 2011, le personnel restant est transféré à la
mine de Pilotuerto et La Rasa ferme définitivement.
Mina Pilotuerto - Pilotuerto, Tineo
Voir le reportage sur cette mine :
Mina Pilotuerto
Mina Carbonar - Vega de Rengos, Cangas del Narcea
Un reportage complet sur cette mine est en préparation.
Grupo Coto Narcea / Monasterio de Hermo, Cangas del Narcea
La société Coto Minero del Narcea est fondée en 1953 par Antonio García Simón, issu d'une famille de mineurs active depuis 1919 dans la région du Bierzo. Après avoir exploité la mine García Simón e Hijos, la famille se tourne vers la région du Narcea, où elle acquiert 11 concessions totalisant 1 261 hectares autour de Monasterio de Hermo.
La société Coto Minero del Narcea S.A. est officiellement constituée en 1969 par les trois frères García Simón, qui développent l'entreprise : la production passe de 33 176 tonnes lavées en 1969 à 117 537 tonnes en 1995, grâce à une modernisation continue et à l'augmentation de la productivité. En 1996, l'entreprise réforme son système salarial pour stimuler la productivité, ce qui entraîne une hausse de 40% entre 1997 et 1999.
En 2004, la société Coto Minero del Narcea est rachetée par le groupe de Victorino Alonso (Uminsa) qui forme le 'Grupo Coto Narcea'. Uminsa ferme l'exploitation Monasterio de Hermo en 2011.
La mine était exploitée par des galeries à flanc de coteau, sur 5 niveaux (piso 1° - piso 5°). Lors de mon passage, la plupart des anciennes installations industrielles étaient démantelées depuis peu.
Minas de Tormaleo - Ibias
Les premières recherches importantes de charbon sont lancées vers 1936 par l'entrepreneur Tomás Fernández, aidé du mineur Francisco López, qui identifie plusieurs gisements prometteurs à Villares et Peñafurada. La guerre civile espagnole interrompt cependant ces projets et l'exploitation ne reprend qu'après-guerre, lorsqu'un groupe d'investisseurs relance l'activité avec l'appui progressif de la Minero Siderúrgica de Ponferrada (MSP).
L'exploitation industrielle débute réellement à partir de 1958 et prend son essor en 1964 grâce à une activité mixte combinant extraction souterraine et exploitation à ciel ouvert. Le charbon était initialement transporté de Tormaleo par camion, via le col de Cienfuegos, vers Páramo del Sil, un itinéraire particulièrement difficile. Pour surmonter l'isolement du site, un téléphérique minier long de 24,3 km est construit entre 1959 et 1964 entre Tormaleo et Páramo del Sil. Équipé d'environ 400 godets de 700 à 800 kg (capacité de 62,5 t/h), il transporte le charbon vers le réseau ferroviaire alimentant notamment la centrale thermique de Compostilla II.
Dans les années 1960, la mine emploie plus de 250 personnes et favorise la création de la cité minière de Villares de Abajo, devenant le principal moteur économique local. Après une grève marquante en 1969 et plusieurs restructurations, MSP, alors propriété de Victorino Alonso, absorbe totalement Minas de Tormaleo en 1995. Le téléphérique est démantelé en 1998, tandis que l'exploitation se concentre davantage sur les mines à ciel ouvert.
En avril 2010, après plus d'un demi-siècle d'activité, la fermeture définitive de la mine met fin à une période de prospérité et accélère le déclin démographique de la région, laissant également d'importants enjeux de réhabilitation environnementale des anciens sites miniers.
Mina Cerredo - Cerredo, Degaña
Voir le reportage sur cette mine :
Mina Cerredo
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