Le bassin de Mons-Borinage, aussi appelé bassin du Couchant de Mons, s'étend de la frontière française, où le gisement continue dans les bassins du Nord et du Pas-de-Calais, jusqu'à Mons dans l'Est, où le bassin du Centre commence. Le cœur du bassin est le Borinage. On y a dénombré 89 couches de houille, très pliées et morcelées, avec une épaisseur moyenne de seulement 70 cm.
L'histoire du Borinage est intimement liée à celle de l'exploitation du charbon. Il fut extrait superficiellement dès le XIXè siècle puis par des puits peu profonds. En 1691, on comptait 120 puits d'extraction ; le charbon était vendu jusqu'en Flandres et dans le Nord de la France. C'est au XVIIIè siècle, avec l'arrivée des pompes à feu de Newcomen permettant d'atteindre des gisements plus profonds, que l'exploitation du charbon se développa. Dès 1789, l'extraction s'élevait à 500 000 tonnes.
Napoléon décida en 1810 de réserver les droits sur les richesses minières à l'Etat. C'est ainsi que les premières concessions ont vu le jour. En 1820, le Borinage approvisionnait en charbon la Belgique, mais il couvrait aussi les trois quarts des besoins français. De 1830 à 1855, l'extraction est passée de 1,5 à 3 millions de tonnes. Entre 1860 et 1870, le Borinage prit son essor pour devenir le bassin houiller le plus important en Europe.
C'est après la 1ère Guerre Mondiale que le déclin a commencé. Les veines minces et irrégulières ainsi que des équipements dépassés expliquent alors la faible rentabilité. Quelques mines ont fermé dès les années 1920. Après le point culminant de l'extraction avec 5,9 millions de tonnes en 1927, la Grande Dépression de 1930 a causé des pertes encore plus dures dans le Borinage que dans les bassins voisins. Les fermetures ont ainsi également concerné les grandes entreprises.
En 1951, la Belgique signe le traité de la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier ouvrant ainsi les frontières, baissant le prix du charbon et accentuant la crise. Les houillères ont alors fermé les unes après les autres, particulièrement dans le Borinage. En 1976, le Sartys, dernier charbonnage du Couchant de Mons, ferma ses portes.
Principale source des textes de cette page : Charbonnages du Hainaut
Charbonnage du Crachet-Picquery, puits n°11 - Frameries
L'exploitation du charbon dans la région est avérée dès le XIIIè siècle mais de façon artisanale. Le charbonnage du Crachet-Picquery faisait partie de la Compagnie des Charbonnages Belges constituée en 1857. En 1920, cette compagnie gérait 11 sièges et employait 5 781 ouvriers exploitant les 2 987 hectares de concessions pour une production de 685 300 tonnes de charbon. Le puits n°11 (ou Saint-Ferdinand) fut foncé à la fin du XVIIIè siècle et sera ravalé en 1950. De nombreux travaux de modernisation sont alors réalisés pour en faire un siège de concentration (nouveau chevalement avec extraction par skip, machine d'extraction à poulie Koepe, lavoir, bains-douches...). Un
tunnel fut creusé sous Frameries pour transporter le charbon extrait des sièges du Grand Trait et de Grisoeuil vers le nouveau lavoir. Ces investissements n'empêchèrent malheureusement pas la fermeture du puits le 16 juillet 1960, suivi en fin d'année par l'arrêt de l'exploitation au puits n°12.
Le chevalement a été classé le 8 septembre 1989 et reste aujourd'hui un des derniers grands vestiges de la production de charbon dans la région de Mons-Borinage. Le site fut ensuite choisi pour installer le Parc d'Aventures Scientifiques et de Société (Pass). Sous l'impulsion de l'architecte Jean Nouvel qui s'est inspiré du fonctionnement du charbonnage, plusieurs bâtiments ont été sauvés de la démolition.